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Quel lien entre culture d’entreprise et performance économique ?

« Réussir à développer une culture d’entreprise forte garantit la cohésion et la motivation des équipes.Cela présente aussi l’avantage de faciliter…

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« Réussir à développer une culture d’entreprise forte garantit la cohésion et la motivation des équipes.Cela présente aussi l’avantage de faciliter les recrutements car une entreprise avec une identité riche attirera naturellement des candidats. » – Extrait article roberthalf.fr

La culture d’entreprise permet de fédérer des collaborateurs autour de valeurs communes et de contre-balancer la tendance à l’hyperindividualisation observée ces dernières années en entreprise. En plus de créer du lien entre les collaborateurs, la culture d’entreprise joue un rôle certain dans la performance économique de la société : coordination des salariés autour de valeurs et de méthodes de travail communes, mais aussi optimisation de la communication et de la fluidité de l’information pour un fonctionnement plus efficace. 

Dans cet article, découvrez comment définir la culture d’entreprise et son lien étroit avec la performance économique !

Comment fonctionne la culture d’entreprise ? 

La culture d’entreprise regroupe un ensemble de références partagées par les membres d’une même organisation. Elle s’articule autour de trois grands items plus ou moins formalisés par les entreprises : les codes, les rites et les “histoires” ou le storytelling. 

Les codes ont pour but de faciliter la communication et la compréhension entre les salariés d’une seule et même entreprise, et ce indépendamment de leur fonction, leur département ou leur ancienneté. Parmi les plus répandus, on retrouve le code vestimentaire qui dicte plus ou moins formellement, la manière de s’habiller en entreprise. Par exemple, le port obligatoire du costume-cravate pour les hommes dans le secteur bancaire, ou encore l’option d’une tenue plus décontractée, jean, tee-shirt, baskets, dans les start-ups de la FrenchTech. Certaines sociétés utilisent le “friday-wear” comme un élément différenciant et un argument de recrutement. Dans les entreprises où le code vestimentaire est très rigide, les employés ont ainsi la possibilité de choisir la tenue de leur choix le vendredi. Cette pratique, très répandue dans les pays anglo-saxons s’est bien implantée en France, notamment dans les cabinets de conseil, où le vendredi est aussi dédié à “relâcher” la pression de la semaine passée. 

 

 

Les rites visent à organiser le travail en structurant le temps. Ils contribuent directement à organiser la gestion du temps en entreprise : meeting du matin (morning meeting), meeting du milieu de semaine (mid-week meeting), déjeuners d’équipe du lundi, réunion du lundi matin pour lancer la semaine commerciale, démonstration technique du vendredi pour informer toutes les équipes des dernières fonctionnalités développées par les équipes informatiques et produit, etc. Les rites peuvent être aussi l’occasion de souligner des événements marquants dans la vie de la société : prise de parole des dirigeants, discours de retour de vacances, mais aussi célébrations des promotions et des nouvelles arrivées, des départs et retours de congé maternité, etc. 

« La culture d’entreprise correspond aux éléments qui composent son identité, son esprit, ses valeurs, son fonctionnement, etc. : tout ce qui la rend unique en somme. Elle lui permet de se différencier de ses concurrents, mais aussi de développer le sentiment d’appartenance des collaborateurs. » – Extrait article roberthalf.fr

Les histoires, ou le “storytelling”, font vivre l’entreprise au travers de ses valeurs fondamentales. Le storytelling permet à l’entreprise d’exister en entretenant une histoire autour de sa création et des valeurs qui la portent depuis le commencement. L’exemple de Microsoft est très parlant : le mythe de la création de la société s’est construit autour de Bill Gates développant le prototype de son célèbre ordinateur dans le garage de sa maison. Par ailleurs, il a réussi à réinventer son identité entrepreneuriale au fil des ans, le storytelling a ainsi amené Bill Gates aujourd’hui du côté de l’entrepreneuriat social et de la philanthropie, auxquels on associe maintenant l’identité même de l’entreprise Microsoft.

La culture d’entreprise est créée par les membres fondateurs de la société, mais ne peut exister que si elle est partagée et relayée par l’ensemble des collaborateurs qui la composent. Elle se transmet ainsi aux nouveaux arrivants par le biais de l’onboarding et lors des premières années suivant l’intégration au sein de la société. La culture d’entreprise est en constante évolution, en fonction des enjeux stratégiques de l’entreprise, mais aussi des évolutions sociétales. Nous pouvons citer l’exemple du groupe Total, lequel axe aujourd’hui sa communication d’entreprise autour des enjeux environnementaux et de protection de notre écosystème, plus en phase avec les attentes des consommateurs, des collaborateurs et des potentiels candidats. 

 

 

La culture d’entreprise évolue moins rapidement qu’une société qui déciderait de changer de cap stratégique en quelques années. La stratégie d’entreprise influence directement la culture d’entreprise, mais cette dernière ne pourra pas changer aussi vite que la prise rapide d’une décision économique ou budgétaire. Il est question ici d’accompagner un changement des habitudes, des mentalités des salariés et de les faire adhérer à un nouveau projet d’entreprise prônant parfois de nouvelles valeurs de fonctionnement. 

La culture d'entreprise - ipsos-openmind kfée
79% des collaborateurs valorisent plus l’ambiance dans l’entreprise que le salaire – Source : oci.fr – étude ispos et openmind kfée 2018

La culture d’entreprise se fonde sur la « vision » de l’entreprise 

Les cultures d’entreprises varient d’une entreprise à l’autre. Développée en fonction de l’histoire, de la vision et de la promesse de chaque organisation, la culture d’entreprise sera propre à chaque société. Bien que spécifique à chaque organisation, on retrouve deux grandes typologies de culture d’entreprise : celle basée sur l’individu et celle fondée sur le collectif et le groupe. 

Dans la première configuration, la culture d’entreprise place l’individu au coeur de son fonctionnement en lui accordant une très grande autonomie. Le but est de favoriser l’accomplissement individuel de chacun en proposant notamment une politique de formation continue développée. Faire en sorte que chacun se sente bien au sein de l’organisation, s’épanouisse professionnellement tout en restant au sein du groupe grâce à une réelle politique de mobilité interne et de gestion des talents. Une culture d’entreprise fondée sur l’individu fait aussi la part belle à l’invocation et la créativité. La prise d’initiatives et la proposition de nouvelles idées sont fortement encouragées à titre individuel pour favoriser une meilleure créativité, et in fine une meilleure performance de l’organisation. 

“Cela n’a aucun sens d’embaucher des gens intelligents et de leur dire quoi faire. Nous embauchons des gens intelligents pour qu’ils puissent nous dire quoi fairedéclarait Steve Jobs, fondateur d’Apple et pionnier dans l’art du storytelling d’entreprise. Philosophie que l’on retrouve dans les valeurs prônées par les start-ups françaises : le talent incarne la culture d’entreprise par sa recherche constante de créativité et d’innovation. 

 

 

Dans une deuxième configuration, on retrouve une culture d’entreprise fondée sur l’autorité et la gestion d’un groupe d’individus dans son ensemble. Fondée sur une approche collective des talents, la culture d’entreprise favorisant le “groupe” est basée sur l’efficacité de la répartition des tâches entre chaque métier. Avec une vision beaucoup plus pragmatique, la culture d’entreprise fondée sur le “collectif” permet de coordonner à moindre coût les collaborateurs et d’accroître ainsi les performances globales de l’entreprise.

L’objectif affiché des entreprises optant pour un tel système est la recherche d’une efficacité optimale : la culture d’entreprise formalise des processus de travail, de validation, des habitudes de travail en accordant une certaine importance à l’autorité. Dans le but d’être plus efficace et productive, la culture d’entreprise mettra en avant des règlements et des normes internes stricts qu’il faudra respecter et nommera des “garants” de cette culture d’entreprise qui exerceront un pouvoir de “contrôle” auprès des salariés. La recherche de l’efficacité optimale passera ici par la mise en place d’un système d’information de communication très normé ayant pour but de fluidifier le travail de chacun. L’autonomie individuelle y est ainsi très peu encouragée, voire fortement restreinte.

On retrouve encore ce système de fonctionnement dans certains grands groupes français peinant à introduire de nouvelles manières d’appréhender la culture d’entreprise. Les habitudes, les fonctionnements étant très ancrés dans la façon d’agir et dans la vision des managers et collaborateurs, en poste depuis de nombreuses années. 

 

 

La culture d'entreprise - schéma explicatif
La culture d’entreprise : entre appartenance, vision du monde, histoire et peurs. – Source : emarteking-fr.

La formalisation de la culture d’entreprise passe d’abord par un audit de l’existant 

La réalisation d’un audit “de culture d’entreprise” est essentielle pour avoir une bonne connaissance des forces et des atouts d’une organisation. L’entreprise doit pouvoir communiquer clairement sur les principes généraux de sa culture d’entreprise si elle souhaite créer une réelle adhésion chez les collaborateurs. Personnalités et valeurs des fondateurs de l’entreprise, histoire de l’entreprise en lien avec son environnement, analyse des différents métiers et expertises de l’entreprise, recensement des signes, symboles, traditions et habitudes portés par les collaborateurs, etc. : l’audit de la culture d’entreprise doit couvrir un certain nombre de champs pour refléter au mieux l’état d’esprit général de la société. 

 

 

Certaines sociétés n’hésitent pas à réaliser régulièrement des audits pour aligner leur projet d’entreprise avec les tendances observées sur le marché, et notamment chez les candidats des nouvelles générations qui font émerger de nouvelles valeurs autour du travail :  la quête de sens, le besoin de reconnaissance et de se sentir utile à la société, mais aussi de nouvelles méthodes de travail favorisant le digital

Enfin, il existe un réel impact de la culture d’entreprise sur la performance économique d’une société. Selon un article de la Harvard Business Review, lorsqu’une entreprise réussit à aligner sa culture, sa stratégie, avec son management, tous les paramètres sont réunis pour obtenir des résultats économiques positifs. La culture d’entreprise d’une organisation performante se caractérise ainsi par une combinaison d’une stratégie économique orientée vers l’apprentissage, la bienveillance managériale, une politique de formation, de mobilité interne et d’onboarding poussée, mais aussi d’une politique de recrutement externe audacieuse capable de faire perdurer l’ADN de la société au fil de l’arrivée de nouveaux talents.

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Crédit photo : Pexels

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À propos de l'auteur

Dalale Belhout

Spécialisée en recrutement digital et marketing RH, Dalale a accompagné des décideurs dans le déploiement de leur stratégie de recrutement et de marque employeur avant de rejoindre DigitalRecruiters en tant que Responsable Content Marketing. Diplômée de la Burgundy School of Business, elle est par ailleurs spécialiste des technologies dédiées au recrutement et à la gestion des candidatures en mode SaaS.