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Sens au travail : premier argument de recrutement des millennials ?

Sens au travail premier argument de recrutement des millennials

Selon une enquête Deloitte 2017, 49% des salariés estiment que le sens au travail est un sujet principalement collectif.

Pourquoi travaillez-vous ? La réponse à cette question peut se chercher toute une vie. Si pour beaucoup, le travail est avant tout un moyen de gagner sa vie, d’autres y trouvent également un puissant sentiment d’accomplissement de soi. Les millennials, génération faisant couler beaucoup d’encre, sont régulièrement associés à cette quête de sens au travail. Simple effet de mode, ou effet de fond ? Dans cet article, voyons si le sens au travail peut être le premier argument de recrutement des millennials !

1) Sens au travail : un besoin nouveau ?

Selon une étude menée par deux chercheurs, Yoon et Jung en 2016 sur une équipe de soignants en hôpital, le sens au travail expliquait 49% de leur engagement au travail.

Tout le monde cherche un sens à son travail, mais celui-ci n’est pas le même pour toutes les générations

Certes, le monopole de la quête du sens au travail n’appartient pas aux millennials. Les bienfaits d’un travail qui fait sens sont connus, et recherchés par bon nombre d’entre nous. Les études en psychosociologie du travail nous montrent, par exemple, que les salariés trouvant du sens au travail éprouvent un bien-être et un plaisir plus important dans leur activité, tandis que la situation inverse peut créer de la détresse psychologique, voire des troubles de santé. On sait aussi que ces effets peuvent se trouver directement dans la productivité : les salariés trouvant un sens au travail y sont plus engagés.

Cependant, c’est davantage la nature même du sens au travail recherché qui semble changer au fil des générations. La place, ou le rôle que doit jouer le travail dans notre vie semble différer. Pour la génération X, juste avant celle des millennials, la vision dominante consistait à voir le travail comme un moyen de gagner sa vie, subvenir à ses besoins, gagner son indépendance financière. La motivation au travail pour cette génération y est donc davantage extrinsèque.

2) Millennials : la génération des « optimistes exigeants »

55% des jeunes Français déclarent voir le travail comme une source d’épanouissement !

Même si la réalité est toujours plus nuancée que les idées reçues, la recherche de sens et d’épanouissement au travail est bien une préoccupation majeure pour les millennials

Pour comprendre la différence entre les millennials et les générations précédentes, le journal Les Échos avait réalisé une enquête en 2017 sur la génération Y au travail. Les résultats ont donné des informations très intéressantes, et ont notamment permis de sortir des caricatures habituellement attribuées aux différentes générations. L’un des résultats les plus pertinents montre que la génération des millennials est en réalité hétérogène : plusieurs populations se dessinent, et tous les millennials n’ont pas la même vision du travail. Ainsi, 4 profils peuvent être décrits : les « pragmatiques », les « fragilisés », les « optimistes flexibles », et les optimistes « exigeants ». Ce sont ces derniers qui collent le plus aux idées reçues souvent redites de la génération Y. Représentant tout de même près d’un tiers des répondants, ils déclarent effectivement voir le travail comme une source d’épanouissement durable, y cherchant un sens profond avec des missions qui évoluent. Ils souhaitent également tous intégrer une entreprise avec des valeurs internes fortes, ce qui montre bien l’importance de cet argument dans le recrutement.

Devant de tels résultats, il est impossible de ne pas prendre en compte ce désir de sens dans le recrutement des millennials. Cependant, il est important de savoir ce qu’on met derrière le mot « sens ». D’une part, chercher du sens peut d’abord désigner la quête de valeurs jugées justes : mon travail est-il utile pour la société ? Me rend-il fier ? D’autre part, le sens désigne aussi la facilité avec laquelle le salarié est capable de voir l’impact de son travail sur sa propre entreprise, ou de l’intégrer dans une vision d’ensemble. Il appartient donc pour le recruteur, a minima, d’être capable de mettre en évidence ces deux aspects dans le poste pour lequel il recrute, pour en faire un argument.

3) Le manifeste pour un réveil écologique : quand 30 000 étudiants menacent de refuser l’embauche

« Nous souhaitons profiter de la marge d’action dont nous bénéficions en tant qu’étudiants en nous tournant vers les employeurs que nous estimerons en accord avec nos revendications exprimées dans ce manifeste » Extrait du manifeste pour un réveil écologique.

30 000 millennials issus de grandes écoles refusent de travailler pour des entreprises ne respectant pas l’environnement

Connaissez-vous le manifeste pour un réveil écologique ? Il illustre à lui seul l’importance accordée au sens au travail par les millennials. Signé par plus de 30000 étudiants de grandes écoles ou d’universités à l’heure actuelle, telles que HEC Paris, AgroParisTech, CentraleSupélec, Polytechnique, ou encore l’ENS Ulm, il clame haut et fort la volonté pour cette génération de trouver un travail en accord avec leur volonté de préserver l’environnement. Un message clair est directement adressé aux entreprises, en affirmant que les signataires se tourneront exclusivement vers les employeurs en accord avec les revendications émises par ce manifeste pour leurs premiers jobs.

Ce type d’initiative est loin d’être anecdotique : elle montre à la fois la prise de conscience des millennials, mais aussi le potentiel immense de l’argument du sens pour le recrutement des millennials. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les entreprises jugées les plus néfastes pour l’environnement ont des niveaux de rémunération bien plus élevés que le marché : il s’agit justement des derniers bastions pour convaincre les candidats d’y venir travailler, mais pour combien de temps ?

La quête du sens au travail pour les millennials est loin d’être un mythe : c’est une réalité à prendre en compte dans le recrutement. Dans certains cas, le sens au travail est un argument plus fort que le salaire, les avantages ou encore les possibilités de carrière. Il n’appartient donc qu’aux entreprises de prendre un virage pour commencer à nourrir le sentiment d’accomplissement tant recherché par les millennials.

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