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Risques psychosociaux (RPS) : de quoi parle-t-on ?

Après un an de crise sanitaire, la santé mentale des salariés français s’est nettement dégradée. Chamboulement des modes de travail,…

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1) Le burn-out, ou le syndrome d’épuisement professionnel

Le burn-out, aussi connu sous le nom d’épuisement professionnel, est un syndrome qui s’installe progressivement dans le quotidien des travailleurs affectés. Les conséquences sont d’ordre psychologique, physiologique et physique. Les risques de burn-out sont en augmentation avec le développement de la vie « hyperconnectée » et la disparition des zones de séparation entre travail et vie privée. Selon une récente étude Securex, les travailleurs approchant les 40 ans seraient les plus exposés à ce syndrome qui plonge toutes les personnes concernées dans une profonde détresse psychologique. La détérioration de l’état de santé psychologique des salariés a un impact direct sur le bon fonctionnement de l’entreprise. Pour prévenir le burn-out et protéger vos salariés, il est essentiel de préserver leur bien-être au travail, sujet devenu central dans le management des ressources humaines. 

Chiffres clés sur les risques psychosociaux
Chiffres clés sur les risques psychosociaux. – Source : inrs.fr

2) Le bore-out, quand l’ennui au travail devient une souffrance 

Les conséquences du bore-out ne sont pas à minimiser, bien au contraire. L’ennui au travail est un facteur de doute et d’anxiété. Le cerveau n’étant plus occupé concrètement à l’exécution d’une tâche, il laisse place à la manifestation de pensées toxiques et dévalorisantes qui conduiront à un épuisement mental qui ne se limitera pas à la sphère professionnelle. L’individu remet alors en question son rôle dans l’entreprise, puis dans la société jusqu’à perdre sa raison de se lever le matin et entrer dans des phases dépressives. Le mal-être est compensé par des comportements néfastes pour la santé tels qu’une mauvaise alimentation par exemple. D’après l’étude anglaise  « Bored to death »  les risques d’accidents cardiovasculaires sont deux à trois fois plus élevés chez les personnes victimes d’ennui au travail.

D’autre part, la lassitude provoque un désengagement dans le travail et une perte de concentration qui peut ralentir la productivité, perturber l’activité de l’entreprise et provoquer des accidents. Un salarié aux compétences sous-exploitées en proie à une fatigue mentale, représente une perte de performance et de productivité pour l’entreprise ainsi qu’un facteur de risque psycho-social non négligeable.

Résultat d’un manque de stimulation intellectuelle, le bore-out peut aussi bien affecter un cadre supérieur qu’un jeune diplômé ou qu’un employé sans qualifications. Le bore-out est d’autant plus insidieux qu’il n’est pas assumé et difficile à mesurer. Le mal-être s’insinue sournoisement, quand le piège se révèle, il est déjà trop tard. Le bore-out, au même titre que les autres syndromes psychosociaux au travail, met en évidence l’importance de la valeur « travail » dans le besoin de réalisation personnelle et justifie la nécessité de mettre en place une stratégie entrepreneuriale centrée sur l’humain.

3) Le brown-out, une perte de sens au travail

Le brown-out est un trouble psychosocial cousin du burn-out et du bore-out. Il traduit l’idée d’une « baisse de tension », c’est à dire que l’on continue à pouvoir travailler cependant l’intérêt n’est plus là et le bien-être au travail disparaît. Le salarié est confronté à une profonde perte de sens dans la mesure où ses tâches lui semblent inutiles voire absurdes. Les victimes de brown-out comprennent difficilement la mesure de leur détresse, elles prennent leur mal en patience de peur de quitter la sécurité de l’emploi. Ainsi, la majorité d’entre elles n’ont d’autres solutions que de se détacher un maximum de leur réalité sans pour autant mesurer les conséquences de cette situation sur leur santé mentale.

Le brown-out se caractérise par une série de symptômes qui sont difficiles à déceler aux premiers abords car tout le monde peut ressentir de la lassitude au travail à un moment ou un autre au cours de sa carrière. De ce fait, il est difficile de déterminer à partir de quand cette lassitude est néfaste pour la santé d’un salarié.

Le premier symptôme concerne la perte d’intérêt. La charge de travail du salarié est suffisante et pourtant il passe son temps à regarder l’heure parce qu’il attend la fin de la journée. Le salarié peut également développer le sentiment de « n’arriver à rien » parce que sa charge de travail est sans cesse renouvelée avant même d’avoir pu prendre la mesure du travail déjà accompli. Les dossiers traités sont aussitôt remplacés par de nouveaux dossiers créant un flux ininterrompu de charges à l’origine du sentiment d’inutilité évoqué par les salariés.

Risques psychosociaux c'est quoi exactement
Risques psychosociaux : c’est quoi exactement ? – Source : inrs.fr

Le salarié victime de brown-out manifeste également peu d’intérêt pour la suite de sa carrière, il ne sait pas où il va, ni comment, ni pourquoi, il remet tout en question mais ne prend aucune décision. Les risques psychosociaux   impactent   la vie   du salarié   et peuvent le pousser à se retirer de la vie   professionnelle un certain temps. 

Il se désengage des activités collaboratives et diminue ses interactions avec les collègues en évitant les réunions pour commencer puis se détache de son environnement personnel en se renfermant dans sa «  bulle de détachement ». Il passe beaucoup de temps à consulter ses mails dans l’espoir d’être sollicité pour quelque chose qui lui redonnera de l’intérêt. Il semble fatigué et profite de chaque occasion qui lui permettra d’éviter d’aller au travail (maladie, problèmes de transport, problème familial).

La victime de brown-out perd son «  sens de l’humour », sa capacité de détachement et remet en cause la relation de confiance avec son supérieur dans le sens où il ne comprend pas ses réactions, ses demandes, ni l’intérêt des directives données. Face à cette incompréhension, le manager perd toute crédibilité aux yeux du salarié victime de brown-out.

Pour que le milieu professionnel ne favorise pas le développement du brown-out, il est important que les managers et les intervenants RH prennent le temps d’expliquer le travail demandé, son impact dans l’entreprise et l’utilité du salarié. Ce qui peut sembler évident pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre et la communication est l’un des piliers centraux d’un environnement professionnel sain.

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Crédit photo :  Pexels

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À propos de l'auteur

Dalale Belhout

Spécialisée en recrutement digital et marketing RH, Dalale a accompagné des décideurs dans le déploiement de leur stratégie de recrutement et de marque employeur avant de rejoindre DigitalRecruiters en tant que Responsable Content Marketing. Diplômée de la Burgundy School of Business, elle est par ailleurs spécialiste des technologies dédiées au recrutement et à la gestion des candidatures en mode SaaS.