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Management bienveillant, mythe ou réalité ?

Management bienveillant, mythe ou réalité ?

Les 3 qualités du manager idéal : savoir motiver les équipes (62%), connaître l’expertise métier (49%), être juste et bienveillant (46%) ! (Étude BVA 2017 « Les salariés et les innovations managériales »

La bienveillance est au cœur de toutes les préoccupations des entreprises. Elle a un impact direct sur la santé des salariés et de plus en plus de voix s’élèvent pour démontrer les résultats positifs d’un management bienveillant. Pourtant, certaines attributions du management en entreprise semblent être en contradiction avec l’idée même de bienveillance. Comment mettre cet idéal en application ? Dans cet article, retour sur le concept de management bienveillant en entreprise.

Le management bienveillant, une stratégie économique

« Le management bienveillant est à envisager comme une hygiène de vie quotidienne que chaque manager doit s’approprier. » Yves Desjacques, DRH du groupe Casino (publication 2017 – FocusRH)

Terrain d’entente entre salariés et dirigeants

Le management bienveillant présente de nombreux avantages aussi bien dans la stratégie de l’entreprise que dans la stratégie RH. Il place l’Homme au centre des préoccupations et relègue l’organisation au second plan. Cette approche permet de reconnaître l’existence de chacun au sein d’une organisation et de valoriser le respect et la dignité des individus, droits auxquels chaque salarié peut prétendre. Le management bienveillant cherche à valoriser le positif sans pour autant occulter le négatif en inscrivant la critique dans une démarche constructive plutôt que pénalisante. Il vise également l’amélioration du bien-être des salariés dans un but de performance économique. En effet, la bienveillance au travail permet d’augmenter la productivité des collaborateurs, et de consolider leur implication dans l’entreprise. Les études montrent également que le bien-être en milieu professionnel permet de diminuer les taux de turn-over, l’absentéisme et les coûts de recrutement.

D’après le 8ème baromètre de l’absentéisme (publication Ayming 2016), 56% des causes d’absence sont directement liées au travail. D’autre part, le management bienveillant autorise le droit à l’erreur ce qui permet de favoriser l’innovation. Enfin, le management bienveillant est très bénéfique pour la marque employeur et pour l’image générale de l’entreprise. Il existe ainsi un palmarès des meilleures entreprises où travailler (Great place to work), transformant des salariés heureux en postes en d’excellents ambassadeurs pour une marque.

Management bienveillant : un chemin semé d’embûches

7 salariés français sur 10 jugent le management de leur entreprise peu ou pas du tout innovant selon une étude BVA 2017 sur les innovations managériales !

S’adapter aux entreprises et à l’environnement

Si la théorie du management bienveillant vise à réconcilier les salariés et les dirigeants, l’application dans les faits se heurte à plusieurs obstacles.

Pour commencer, il semble illusoire de penser pouvoir adapter le management bienveillant de façon généralisée à toute organisation entrepreneuriale. En effet, le management en général doit s’adapter à l’entreprise en fonction de sa taille, de sa santé économique et de son type d’activité. Il est plus facile d’entretenir un rapport de proximité entre salariés et hiérarchie dans une petite entreprise. Ainsi, une prise de risque coûteuse et peu fructueuse peut s’avérer dramatique pour une entreprise déjà en difficultés financières. De la même manière, un plan de licenciement et de réorganisation peut difficilement être vécu de façon « bienveillante » par les personnes qui le subissent.

De plus, mettre en place une nouvelle organisation favorisant le management bienveillant demande un temps d’adaptation de la part des salariés qui peut peser sur la productivité de l’entreprise avant de générer des retombées positives. D’après l’étude BVA de 2017 sur les innovations managériales, seulement 53% des sondés comprennent l’intérêt des changements organisationnels et managériaux majeurs opérés dans leur entreprise.

Enfin, le management bienveillant ne peut exister sans réciprocité bienveillante des salariés. Il vise à créer un rapport d’autorité sain favorable au bon fonctionnement de l’entreprise et doit être respecté par tous les collaborateurs.

Appliquer le management bienveillant en entreprise

Selon une étude réalisée en 2016 par Wisdom Paris sur la bienveillance au travail, la bienveillance se décompose en « gentillesse au quotidien » (30%), en « management respectueux » (26%), en « droit à l’erreur » (18%) et en « présomption de confiance » (12%) !

Actions concrètes et changement d’attitude

D’après Paul-Marie Chavanne, PDG de GeoPost, 3 principes sont à la base du management bienveillant (publication Terredecompassion.com novembre 2017)  : le principe fondamental, le principe de responsabilité et le principe de subsidiarité. Le premier consiste à simplifier l’organisation de l’entreprise. Les tâches attribuées à chacun et les secteurs doivent être clairement définis. Cela permet d’éviter que plusieurs personnes ne se retrouvent en compétition ou que le même travail soit exécuté deux fois.

La responsabilisation revient à donner suffisamment d’autonomie et de pouvoir de décision aux salariés de façon à les impliquer dans la démarche de l’entreprise. Enfin, la subsidiarité consiste à ne faire intervenir les managers que sur les tâches qui ne peuvent pas être gérées par les salariés. Le contrôle est remplacé par la confiance dans les compétences et dans la légitimité de chacun à son poste.

D’autre part, il est également important de fixer des objectifs réalisables de façon à cultiver la motivation du salarié. Le management bienveillant se base sur l’écoute des individus et la manifestation de la reconnaissance professionnelle. Le travail bien fait est reconnu et l’auteur félicité. Les salariés sont considérés comme des acteurs clés de l’entreprise et leurs attentes ainsi que leurs sources de motivation sont prises en compte. Il est important de favoriser le développement des relations humaines et d’assurer des conditions de travail agréables.

Le management bienveillant dépend de la volonté propre de chaque individu. Pour être effective, la bienveillance doit être sincère et ne doit pas devenir qu’un simple processus organisationnel encadré juridiquement (par le biais de la QVT par exemple).

Si l’envie d’être bienveillant n’est pas présente initialement avec une profonde volonté de changement, le management bienveillant en restera au stade de mythe. Il est réel et accessible dans la mesure où il est possible d’adopter une attitude bienveillante sur plusieurs aspects de la vie professionnelle. Le mythe réside dans la difficulté de l’appliquer à tous les niveaux, dans tous les milieux professionnels, avec la même intensité.  Il revient à chacun d’insuffler sa part de bienveillance en entreprise pour que l’équilibre se crée progressivement !

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