Analyses, découvertes et conseils
pour gérer votre recrutement efficacement

Le recrutement nécessite de la méthode et des outils, recevez chaque semaine
notre sélection de conseils en vous inscrivant à la newsletter :

Le bore-out, syndrome de l’ennui au travail

Le bore-out, syndrome de l'ennui au travail

Pour 37% des français interrogés, le travail c’est d’abord une façon de trouver sa place dans la société ! (Sondage IFOP 2016 « les Français et le bonheur au travail »)

S’il y a bien un mal-être professionnel auquel on ne s’attendait pas, c’est celui de l’ennui au travail, plus communément appelé le « bore-out ». À l’inverse de son cousin le « burn-out », qui se manifeste en cas de surcharge de travail, le bore-out provoque une fatigue mentale liée au manque de travail. Il se manifeste généralement chez des personnes qui aiment s’impliquer professionnellement et dont les compétences sont sous-exploitées parce qu’elles ont été réaffectées à des postes moins stimulants, leur charge de travail a diminué, leurs nouvelles fonctions n’ont pas été clairement établies lors de la dernière réorganisation, ou pour toute autre raison qui implique une diminution des tâches effectives dans l’entreprise.

Si le bore-out s’est fait si discret jusqu’à présent, c’est parce qu’il est difficile à assumer. Au quatrième trimestre 2017, le taux de chômage en France métropolitaine a connu une baisse de 0,7 point sur trois mois, néanmoins, il s’élève toujours à plus de 8,9% de la population active. En conséquence, prendre le risque de tout quitter pour se relancer ailleurs n’est pas sans danger et rares sont ceux qui osent franchir le pas. Dans ce contexte, les victimes du bore-out prennent chaque jour le chemin du travail en minimisant l’impact de leur situation sur leur santé psychologique et physique et développent des techniques pour donner l’impression de travailler de peur des réprimandes.

Dans cet article, une explication du phénomène du bore-out ou le syndrome de l’ennui au travail.

Le bore-out, un mal tapis dans l’ombre

« L’ennui est le malheur des gens heureux », Horace Walpole – Homme politique et écrivain britannique

Quand l’ennui devient une souffrance

Les conséquences du bore-out ne sont pas à minimiser, bien au contraire. L’ennui au travail est un facteur de doute et d’anxiété. Le cerveau n’étant plus occupé concrètement à l’exécution d’une tâche, il laisse place à la manifestation de pensées toxiques et dévalorisantes qui conduiront à un épuisement mental qui ne se limitera pas à la sphère professionnelle. L’individu remet alors en question son rôle dans l’entreprise, puis dans la société jusqu’à perdre sa raison de se lever le matin et entrer dans des phases dépressives. Le mal-être est compensé par des comportements néfastes pour la santé tels qu’une mauvaise alimentation par exemple. D’après l’étude anglaise « Bored to death » les risques d’accidents cardiovasculaires sont deux à trois fois plus élevés chez les personnes victimes d’ennui au travail.

D’autre part, la lassitude provoque un désengagement dans le travail et une perte de concentration qui peut ralentir la productivité, perturber l’activité de l’entreprise et provoquer des accidents. Un salarié aux compétences sous-exploitées en proie à une fatigue mentale, représente une perte de performance et de productivité pour l’entreprise ainsi qu’un facteur de risque psycho-social non négligeable.

Résultat d’un manque de stimulation intellectuelle, le bore-out peut aussi bien affecter un cadre supérieur qu’un jeune diplômé ou qu’un employé sans qualifications. Le bore-out est d’autant plus insidieux qu’il n’est pas assumé et difficile à mesurer. Le mal-être s’insinue sournoisement, quand le piège se révèle, il est déjà trop tard. Le bore-out, au même titre que les autres syndromes psychosociaux au travail, met en évidence l’importance de la valeur « travail » dans le besoin de réalisation personnelle et justifie la nécessité de mettre en place une stratégie entrepreneuriale centrée sur l’humain.

Comment réagir au bore-out en entreprise ?

46% des français interrogés trouvent que la liberté et l’autonomie les rendent heureux au travail ! (Sondage IFOP 2016 « les Français et le bonheur au travail »)

Sensibiliser les différents acteurs de l’entreprise

Les syndromes tels que le burn-out ou le bore-out révèlent un déséquilibre sous-jacent dans l’organisation des entreprises. Pour répondre à un manque de travail, il existe des éléments de réponse apportés par la Qualité de Vie au Travail. Tout d’abord, identifier pourquoi il n’y a pas assez d’activité. En effet, se pourrait-il que le salarié n’ait « rien à faire » parce que le manager ne délègue pas assez ? Responsabiliser les salariés en leur attribuant des tâches en autonomie basées sur la confiance dans leurs compétences permet aux managers de diminuer leur taux de stress d’un côté, et de l’autre, de réinvestir pleinement les salariés dans l’entreprise. Le micro-management et les processus d’exécution réduisent le salarié à sa qualité de simple exécutant et le briment dans sa prise d’initiative. Paralysé par un manque de liberté d’action, le salarié n’ose plus rien faire et se désengage de l’entreprise.

Le manque de travail provient-il d’une perte de confiance dans les compétences du salarié ? Un salarié ne doit pas être seulement considéré en fonction de ce qu’il sait ou ne sait pas faire, mais en fonction de son potentiel d’apprentissage et de ce qu’il pourrait être capable de faire. Il peut être formé pour prendre d’autres responsabilités.

Bien évidemment, ces éléments de réponse au problème du bore-out ne peuvent être mis en application que si le salarié se sent suffisamment en confiance dans l’entreprise pour communiquer ouvertement sur son mal-être. Il doit dépasser la peur du « qu’en dira-t-on ? » ou encore celle du licenciement pour cause « d’inutilité ». Une entreprise qui développe une communication ouverte et bienveillante sera plus apte à identifier les profils à risque et pourra mettre en place des mesures de prévention.

Les salariés et les dirigeants auront tout à y gagner s’ils dépassent leurs préjugés réciproques. En règle générale, un salarié cherche à s’épanouir au travail et est prêt à s’investir pour atteindre cet idéal. L’entreprise, quant à elle, préfèrera utiliser ses ressources existantes plutôt que de devoir recruter à nouveau. D’après Christian Bourion, auteur de Le bore-out syndrome. Quand l’ennui au travail rend fou, l’ennui est « insupportable » pour 90% des employés. Il explique également qu’une victime de bore-out n’a pas beaucoup d’autres solutions que de quitter son poste pour mettre fin à sa souffrance.

Cependant, en sensibilisant les entreprises et les services RH sur l’existence et l’origine de ce mal être, il sera peut-être possible d’inverser la tendance en mettant en place des processus de prévention ou en apportant l’accompagnement adapté au salarié pour remédier à sa situation.

Si cet article vous a plu je vous invite à télécharger notre livre blanc « Innover dans ses recrutements ? » ou à nous contacter directement.