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Demain, une majorité de travailleurs indépendants ?

Demain, une majorité de travailleurs indépendants ?

Selon blog-emploi.com, le nombre de travailleurs indépendants a augmenté de 25% depuis 2003 dans l’hexagone, soit 10 fois plus vite que la population salariée !

De plus en plus de salariés décident de franchir le pas et de se lancer dans l’aventure de l’entreprenariat. Avec plus de 2,8 millions de travailleurs indépendants en France, la structure du marché de l’emploi est en train de muter sous l’impulsion de réformes du Code du travail favorisant le statut ô combien particulier de freelance.

Dans le cadre d’une activité principale à temps plein, ou pour compléter les revenus d’un emploi en CDI ou CDD, les travailleurs indépendants ont trouvé en la création d’auto-entreprise un moyen pour contrer une situation de chômage ou pour gagner en liberté d’action individuelle.

Dans un contexte de ralentissement des recrutements, le travail indépendant peut s’avérer être une solution efficace afin de réussir à intégrer le marché du travail. Quid de l’avenir du travail indépendant en France ? Dans cet article, retour sur le phénomène des travailleurs indépendants ou freelances, de plus en plus nombreux à proposer leurs services !

Travailleurs indépendants ou Freelances : un statut juridique particulier

D’après un article Les Echos Entrepreneurs, on estime à 2,8 millions le nombre de travailleurs indépendants en France en 2017 !

La communauté des travailleurs indépendants est en pleine expansion

Selon le Haut Conseil pour le Financement de la Protection Sociale, le travailleur indépendant de 2017 serait plus majoritairement un homme, âgé en moyenne de 46 ans, diplômé du supérieur et exerçant dans le secteur des services aux entreprises. Le travailleur indépendant moyen gagnerait environ 38 280 euros par an et serait en mesure de prendre sa retraite, seulement quelques mois après un salarié lambda. L’image du travailleur indépendant en France paraît de plus en plus sécure rassurant ainsi davantage les personnes désireuses de lancer leur activité en autonomie. Le développement de la communauté des travailleurs indépendants est favorisé par l’essor de nouvelles plateformes de mise en relation entre entreprises, particuliers et indépendants.

Selon la définition officielle publiée sur le site du gouvernement, « les travailleurs indépendants sont des personnes qui exercent à leur compte une activité économique, en supportant les risques de cette activité et en s’appropriant les profits éventuels qu’elle peut générer. Ils sont autonomes dans l’organisation de leur travail (horaires, dates, moyens mis en œuvre…), et ne se trouvent pas, à la différence d’un personnel salarié, dans une situation de subordination juridique à l’égard de la personne avec laquelle ils contractent. Ils relèvent par ailleurs d’un régime spécifique de protection sociale (régime dit « des travailleurs non-salariés non agricoles »), distinct du régime général, et leur intervention ne s’inscrit pas dans le cadre des règles fixées par le Code du travail. »

Une majorité de travailleurs indépendants choisissent le statut d’auto-entrepreneur. Du fait d’une conjoncture économique tendue sur le marché de l’emploi, de plus en plus de Français décident de créer leur propre activité pour s’assurer un revenu principal ou pour compléter les revenus d’un emploi salarié. Ainsi, sur les 2,8 millions d’entrepreneurs que recense l’hexagone, ils sont plus d’un million à avoir opté pour le statut d’auto-entrepreneur, considéré comme un régime social simplifié imposant un plafond de chiffre d’affaires annuel à ne pas dépasser. Le chiffre d’affaires réalisé par les auto-entrepreneurs varie fortement en fonction de leur domaine d’activité et de leur localisation géographique. Quand certains auto-entrepreneurs proposant des services aux entreprises peuvent atteindre le plafond fixé par la réglementation, d’autres quant à eux, peinent à dégager un chiffre d’affaires dépassant les quelques centaines d’euros par mois.

Comparativement aux États-Unis, où 53 millions de travailleurs sont indépendants, représentant plus de 35% de la population active du pays, la France reste loin derrière malgré l’augmentation constante du nombre de travailleurs indépendants. Les besoins des entreprises ont changé et elles n’hésitent plus à faire appel à un travailleur indépendant pour tous types de missions. Ainsi, il n’est pas rare de voir une entreprise confier à un travailleur indépendant la maintenance de ses locaux, de manière ponctuelle en fonction des besoins, et en parallèle confier à un développeur informatique, la précieuse refonte de son site internet.

Une flexibilité qui séduit les travailleurs indépendants et les entreprises

La flexibilité permise par le statut de travailleur indépendant séduit de plus en plus d’entreprises qui y voient une excellente variable d’ajustement de leur masse salariale, pouvant ponctuellement être renforcée sans difficultés ou contraintes juridiques liées à la rigidité du statut de salarié.

Faire appel à des travailleurs indépendants représente une solution de recrutement plus souple qu’une embauche classique de salariés. La mise en place ponctuelle ou temporaire d’un projet peut nécessiter le renfort d’un expert durant un temps déterminé qui n’exige pas un contrat salarié. De plus, les travailleurs indépendants viennent également répondre aux difficultés de recrutement rencontrées par certaines entreprises, notamment sur des profils très spécifiques, à haute valeur ajoutée et extrêmement rares sur le marché. C’est le cas des développeurs informatique indépendants qui sont très recherchés sur le marché, pour des missions ponctuelles allant d’une journée à quelques mois. Les travailleurs indépendants évoquent également la possibilité de travailler sur des projets intéressants et stimulants, parfois en complément de leur activité salariée. Ainsi, selon un récent baromètre du moral des freelances, réalisé par Hopwork, l’une des plateformes leaders dans la mise en relation de travailleurs indépendants et d’entreprises, ils ne sont que 4% à déclarer vouloir retourner vers un emploi salarié à temps plein !  De plus, ils sont 65% à déclarer mieux gagner leur vie depuis leur passage au statut de travailleur indépendant.

Au regard des annonces récentes faites par le gouvernement Macron, quels sont les changements auxquels doivent s’attendre les travailleurs indépendants pour 2018 ?

RSI : vers une meilleure considération des travailleurs indépendants

« Notre objectif est de mieux rémunérer le travail des indépendants en baissant leurs charges. Il faut que le travail paye. », Edouard Philippe, Premier ministre français – Article www.lci.fr

De nombreux dysfonctionnements qui signent l’arrêt du RSI

La réforme du RSI, le régime social des indépendants, est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Le but de cette réforme est la disparition progressive du régime spécifique des travailleurs indépendants, invités à rejoindre le régime général des salariés français. Néanmoins, certains aspects de ce régime particulier vont perdurer et les travailleurs indépendants français vont devoir s’adapter à cette nouvelle réforme.

Tout d’abord, le RSI ou régime social des indépendants tient son origine du regroupement de différentes caisses de protection sociale dédiées aux chefs d’entreprises et dirigeants de sociétés. À partir de 2008, le RSI est devenu l’interlocuteur social unique pour l’ensemble des travailleurs indépendants, notamment en termes de sécurité sociale. Avant la réforme de Janvier 2018, le RSI prenait en charge la couverture maladie pour les artisans et commerçants, mais aussi pour les professions libérales sans assurer pour autant la retraite de ces dernières. La volonté initiale de la création du RSI en 2006 était de faciliter la vie des travailleurs indépendants qui devaient cotiser auprès d’un seul et unique organisme. Cependant, ce guichet unique de protection sociale a rapidement suscité des plaintes de la part de travailleurs indépendants, l’estimant trop complexe dans son fonctionnement.

Le RSI, système géré par l’Etat, est rapidement devenu déficitaire dans la mesure où les prestations accordées étaient supérieures aux cotisations versées par les travailleurs indépendants. Les travailleurs indépendants, commerçants, artisans et professions libérales qui relevaient du régime social des travailleurs non-salariés pouvaient bénéficier de prestations maladie, maternité, retraite de base et complémentaire, ou encore de pension d’invalidité-décès.

Une nouvelle organisation sociale pour les travailleurs indépendants

Les travailleurs indépendants ont rapidement pointé du doigt les dysfonctionnements du RSI. En outre, des erreurs de calcul portant sur les cotisations ou sur les retraites ont été dénoncées par les bénéficiaires. De plus, la lenteur du traitement des dossiers ou encore des encaissements non pris en compte ont scellé le désamour entre travailleurs indépendants et RSI. Qualifié de « catastrophe industrielle » dans un récent rapport de la Cour des comptes, le RSI disparaît, payant le prix d’erreurs de gestion et d’un fonctionnement trop lourd et complexe.

La réforme du RSI de janvier 2018 prévoit son absorption progressive par la sécurité sociale. De ce fait, l’organisme deviendra le référent officiel sur les questions de maladie, retraite ou vieillesse des travailleurs indépendants. L’idée est de rapprocher les droits aux prestations des travailleurs indépendants avec ceux des salariés du régime général.

Augmentation du pouvoir d’achat pour 75% des travailleurs indépendants, diminution voire exonération des cotisations sociales pour les entreprises nouvellement créées, exonération de la cotisation foncière des entreprises réalisant moins de 5 000 euros de chiffre d’affaires annuel, amélioration des indemnités de maternité, mise en place d’une seule déclaration fiscale et sociale pour faciliter les échanges, et la mesure phare, le doublement des plafonds de revenus, font partie entre autres des changements auxquels doivent s’attendre les travailleurs indépendants pour 2018 !

Les travailleurs indépendants ont dorénavant la possibilité de réaliser 700 000 euros de chiffre d’affaires pour des activités de service et jusqu’à 170 000 euros pour des activités commerciales tout en continuant à bénéficier du régime d’auto-entrepreneur. Enfin, les travailleurs indépendants pourront désormais prétendre aux allocations de chômage, au même titre que les salariés du régime général.

Face à tous ces changements favorables au statut de travailleur indépendant, les experts s’attendent à une augmentation significative de la population des travailleurs non-salariés dans les années à venir !

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