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Comment la crise a-t-elle ravivé la quête de sens au travail ?

Comment la crise a-t-elle ravivé la quête de sens au travail

À la suite du premier confinement, un tiers des Français interrogés aurait envisagé de chercher un travail plus porteur de sens (enquête Randstad, mai 2020)

Rien de tel qu’une crise pour remettre tout à plat et revoir ses priorités. Dans l’article suivant, découvrez comment la crise a réveillé le ras-le-bol des bullshit jobs et ravivé la quête de sens au travail.

1) Un bullshit job, c’est quoi ?

« Le gouvernement devrait payer les gens à creuser des trous dans le sol pour ensuite les remplir » John Maynard Keynes

Le bullshit job se sert à toutes les sauces !

Il existe plusieurs définitions d’un bullshit job : pour l’anthropologue David Graeber, ce sont des jobs qui demandent d’exécuter des tâches inutiles, comme recruter des managers pour surveiller des collaborateurs autonomes. Pour d’autres spécialistes, ce sont plutôt des jobs qui demandent d’effectuer des tâches vident de sens afin de répondre à des exigences d’objectifs et de rentabilité déconnectés de la réalité, à la manière de l’économiste Keynes qui préconisait de creuser des trous et de les reboucher pour faire travailler les chômeurs. Pour la politologue Béatrice Hibou, cela concerne plutôt des tâches administratives à outrance qui détournent de l’objectif premier de son travail.

La perte de sens, un risque pour la santé mentale

Le point commun de toutes ces idées, c’est la perte de sens ! À l’époque où l’on crie haut et fort qu’il faut s’épanouir au travail, paradoxalement, on se retrouve à exécuter des tâches répétitives ou incohérentes qui conduisent à une forme d’aliénation psychologique et représentent un risque réel pour la santé. On peut citer le risque de burn-out quand on a un nombre irréaliste de tâches à accomplir, le bore-out quand on n’a au contraire pas assez de travail, et le brown-out quand on se déconnecte de soi-même pour accomplir les tâches demandées.

Quand on n’a pas un bullshit job, c’est parfois le contexte qui lui fait perdre tout son sens !

Ce sentiment de perte de sens au travail est parfois le résultat d’une organisation professionnelle qui répond à une norme plutôt qu’à un besoin réel : rester plus tard au travail pour prouver à son responsable qu’on s’investit dans son travail alors qu’on a déjà fini tout ce que l’on avait à faire ; être un designer qui doit réussir à créer entre 9h et 17h parce que c’est à ce moment-là qu’il doit travailler ; accepter de passer 1h30 quotidiennement dans les transports pour aller et revenir du travail parce que c’est la moyenne en Ile-de-France (44 minutes par trajet en moyenne en Ile-de-France, enquête « Les salariés et la mobilité », BVA Opinion et Salesforce, 2018).

Autant d’opportunités de se demander « pourquoi continuer comme ça ? »…

À lire aussi : Pourquoi le bonheur au travail est-il devenu indispensable ?

Avec la crise du covid-19 avez-vous le sentiment d'occuper un emploi inutile

29% des Français ne perçoivent pas le sens et l’utilité de leur emploi. – Source : randstad/www.pressonline.com 

2) La crise, un bouleversement qui réveille !

Avant la crise covid-19, 13% des personnes interrogées avaient le sentiment d’occuper un emploi inutile, après la crise, elles étaient 29% à le penser (enquête Randstad, mai 2020)

Avec la crise sanitaire, tout le monde n’a pas bénéficié du même traitement et pourtant, beaucoup de monde en a profité pour tout remettre à plat. Les salariés en chômage partiel ont pu se déconnecter de leurs obligations professionnelles et réfléchir à d’autres projets qu’ils avaient en tête et qu’ils repoussaient toujours à plus tard. Les salariés en télétravail se sont retrouvés coupés de tous les artifices qui permettaient de se distraire du travail et ont pu découvrir par la force des choses si leur travail était réellement satisfaisant. Des collaborateurs ont souffert du télétravail tandis que d’autres y ont trouvé une réelle amélioration de leur équilibre vie privée et vie professionnelle.

S’agit-il d’une question de génération ?

Bien que la quête de sens soit un sujet qui anime toutes les générations avec 8 salariés sur 10 ayant parlé du sens au travail dans les six derniers mois précédant l’enquête « sens au travail ou sens interdit » publiée par Deloitte ; l’enquête de Randstad révèle que sur les 30% de Français qui auraient envisagé de chercher un travail ayant plus de sens après la crise, 57% sont des jeunes actifs âgés de 18 à 24 ans. Ce chiffre témoigne d’une réelle transition s’opérant dans le monde du travail. Pour fidéliser les nouvelles générations et maintenir leur engagement au travail, il n’est plus possible de faire l’impasse sur la quête de sens qui anime ces jeunes actifs. 

Le rôle du collectif dans la quête de sens au travail

D’après l’étude « Sens au travail ou sens interdit » publiée par Deloitte, le sens au travail est un sujet collectif pour 49% des répondants et individuel pour 30% des répondants. Tandis que d’après l’enquête sur la quête de sens au travail publiée par Coaching&Consulting sur le site Agrh en avril 2020, la qualité des relations et du collectif est le deuxième facteur créateur de sens au travail, derrière le sentiment d’utilité et devant l’impact sociétal. L’individualisme et l’absence de collectif constituent à l’inverse le premier facteur destructeur de sens au travail devant le manque d’autonomie/de confiance et le manque d’utilité perçue. La quête de sens s’illustre donc par l’importance du collectif pour s’épanouir professionnellement.

À lire aussi : Bien-être au travail : bienfaits et impacts sur la motivation et la productivité des salariés 

Sens au travail un sujet principalement collectif

Pour 49% des Français, le sens au travail est un sujet principalement collectif. – Source : deloitte.com 

La quête de sens au travail, une responsabilité dont l’entreprise doit s’emparer pour consolider ses RH

La quête de sens au travail prend de plus en plus d’importance chez les actifs, elle rallie les nouvelles générations comme les anciennes, et elle met en exergue l’importance du collectif. Cependant, elle ne se limite pas à la recherche d’un idéal. D’après l’étude publiée par Randstad, seulement 10% des personnes interrogées se voient travailler pour une ONG et 2% prendre un poste de « première ligne » comme infirmière ou pompier par exemple. 

En effet, la quête de sens au travail est également reliée aux valeurs de l’entreprise et à l’activité du quotidien (enquête Deloitte). C’est-à-dire que chaque entreprise peut insuffler un engouement général et mobiliser la motivation de ses collaborateurs dès lors qu’elle prend le temps d’intégrer la quête de sens dans son organisation salariale : trouver des solutions pour limiter les tâches aliénantes, conserver l’intérêt de chaque poste en répartissant les missions afin de diversifier le travail, faire gagner en autonomie, accompagner le développement de carrière. Une fois de plus, il s’agit surtout de réintégrer l’humain au cœur du travail.

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Crédit photo : Pexels

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